Episode #12 : Santiago, centre d’affaires

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Il y a des villes comme ça… vides de charme et pleines de fric. Santiago en fait partie. A défaut de charmer ses visiteurs, elle donne du travail à ses habitants. Et elle le fait bien ! L’activité économique est le centre d’intérêt de la ville. Ici, tout paraît affaire, business, building, 30 étages, costard-cravate, tailleur, argent, confidentialité, sérieux, interdit. Interdit de prendre des photos, par exemple. Oui, je passe aux aveux : la photo de couverture de cet article est une photo volée, prise à l’arraché ! Dans la rue d’un petit quartier d’affaire, un gardien m’interpelle : « Mademoiselle, c’est interdit de prendre des photos ici. » « Pourquoi ? » « Car c’est la propriété du gouvernement. » « ??? » Je n’ai pas su quoi répondre tellement la réplique me semblait absurde. « Mais vous pouvez photographier le palais de la Moneda, si vous voulez. » Génial ! Je peux prendre en photo un bâtiment à 100 mètres de loin…

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D’autant plus que c’est l’un des rares bâtiments de la ville construits en pierres blanches. 90%* de Santiago sont des buildings (*source : estimation à vue d’œil). Vue de ma fenêtre : buildings. Promenade en ville : buildings. Vue du sommet d’une colline : buildings. Et bien dans ce cas, regardons les buildings ! Ils ont chacun leur propre style selon les petites folies des architectes, leurs couleurs déclinent toutes les nuances de gris. En rentrant dans ces buildings, on s’aperçoit qu’il n’y a pas seulement des bureaux ou des sièges d’entreprise, mais bien souvent des appartements habités. Les Santiagois ont adopté le style building : ils y travaillent et ils y dorment. Et puis en parlant avec les gens, on se rend compte que ces immeubles d’appartements se transforment en « hôtel particulier AirBnB »… Business-business !

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Qui dit business, dit pollution. La montagne de la Cordillère des Andes qui avoisine la ville de très proche se cache derrière un brouillard permanent de pollution. J’ai tenté de l’apercevoir en grimpant une petite colline de la ville, et j’ai finalement pris une photo avec un nuage de pollution. C’est Mike qui me prenait en photo. Et oui, encore lui ! Mon ami rencontré à Buenos Aires avec qui j’ai visité le musée d’art latino-américain, que j’ai retrouvé à Puerto Madryn (Argentine) pour chercher les pingouins et les orques ensemble, puis à Puerto Varas (Chili) pour manger un menu végétarien, et que je recroise à Santiago pour encore visiter un musée d’art ! En voyage, c’est comme rester à la maison et aller voir ses amis en centre-ville ; sauf qu’à chaque fois c’est dans un pays différent. 🙂 La vie de voyageur…

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Ne soyons pas totalement mauvaise langue… A Santiago, il y a aussi de jolis petits palais du 18ème siècle à découvrir, tous situés dans la rue « Dieciocho » (18ème en espagnol) pour se rappeler facilement de l’époque de construction des demeures. J’en ai visité une, le Palais Cousiño : magnifique et majestueux avec un grand patio fermé au milieu, colonnades romaines à l’entrée, tableaux classiques, dorures aux fenêtres, escalier de marbre et lustres de 13 000 cristaux trônant au centre de la bâtisse. Mais… interdit de prendre des photos !

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A Santiago, on ressent aussi la joie de vivre sud-américaine et son art de la danse. Bellavista est le quartier qui bouge, rassemblant toutes les boîtes, restos, clubs, bars et autres établissements de réjouissance. La danse, en tant qu’activité culturelle capitale, est apprise par les enfants à l’école et pratiquée jusqu’à 90 ans. Un dimanche soir sur les coups de minuit, je suis passée devant une salle illuminée, devant laquelle était écrit « Club de tango du 3ème âge ». Génial ! Allons voir ce qu’il s’y passe. Mon entrée dans la salle a fait l’effet d’une bombe. Tous se sont arrêtés de manger, de parler, de respirer et nous ont regardé, moi et mon ami Juan. Des ovnis venus de la planète Jeunesse ont franchi la zone d’occupation. Sans tarder, le DJ a sauté sur ses platines pour lancer une cumbia. Nous voulions danser…. nous voilà servis ! Quelques pas de danses pour les convaincre et la trentaine de couples attablés se sont levés en même temps pour nous accompagner sur la piste. L’euphorie était à son comble ! Tous se précipitaient pour danser avec nous. Les yeux rivés de tous détaillaient chacun de mes mouvements et de mes pas. Les compliments allaient bon train. Puis tout à coup, la directrice du club m’attrape par le bras et nous met dehors, car on n’avait pas payé l’entrée… Business-business !

Bien que mon voyage en Amérique du Sud ait débuté il y a 3 mois, le choc des cultures me subjugue encore. Santiago, cette ville où tous roulent leur bosse, occupent leurs journées à établir et réussir des affaires, m’inspire le labeur et le professionnalisme. En adoptant petit-à-petit l’art de vivre sud-américain, il se pourrait bien que moi aussi j’y fasse mon affaire…

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