Episode #5 : Un nouvel an à Buenos Aires

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C’est difficile de ne pas tomber amoureux de cette ville. Inscrite presque systématiquement à tous les tableaux de chasse des voyageurs et baroudeurs en tout genre qui viennent se promener en Amérique du Sud, Buenos Aires est la ville qui impose son style et inspire le respect. Massive, grandiose, sexy, cette capitale prend racine au fin fond de son sol, d’où poussent des monuments majestueux et admirables… seulement si on accepte d’être éblouis par le soleil. C’est bien ça Buenos Aires : une cité où on se perd dans ses cuadras et qui nous en met plein la vue. Au jour d’aujourd’hui, je ne sais toujours pas si derrière cette poudre jetée aux yeux, se cache anguille sous roche !?

Les festivités du nouvel an à Buenos Aires ne sont pas réputées pour leur technicité. Au contraire, le feu d’artifice de minuit est très simple : tous sur le pont Le Puente de la Mujer du quartier Puerto Madero, pour s’émerveiller devant les centaines de feux tirés de toute part autour du pont. A chacun de se laisser envahir par la vague de gaieté collective et y ajouter sa jovialité. A l’image de la mentalité argentine, ces feux d’artifice singuliers symbolisent le partage de la fête disponible et accessible à tous. Ici, la dualité spectacle-spectateurs n’existe pas. Tout est pluralité : on vient, on fête, on participe. Les gens s’exclament, les plus équipés tirent leurs propres feux, les passants s’enjaillent dans la rue sur le rythme reggaeton du bar d’à côté qui partage sa musique avec tout le quartier ; des musiques que tout le monde connaît et chante. Voilà la nuit du 31 décembre à Buenos Aires ! A fête populaire, un lieu enrichi par le peuple et sa bonne humeur.

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Pour finir la nuit, les groupes se forment et se dirigent généralement vers le quartier Palermo connu pour ses nombreuses discothèques. Mon groupe -composé d’amis rencontrés le soir même- s’est retrouvé au Ink : une boîte parmi tant d’autres qui passe tous les hits du moment remixés sur un rythme reggaeton. Tous, sans exception ! Aux fêtards de faire preuve d’imagination pour changer de danse… Les clubs d’Amérique du Sud respirent la fête et le positivisme : les musiques sont festives, les gens sont déchaînés, les serveurs et les vigiles sont dans l’ambiance. Ici, on ne fait pas la fête pour dire qu’on fait la fête. On fête, point.

Le jour était déjà bien avancé quand je suis rentrée chez mon Couchsurfer argentin Ezequiel. J’ai juste eu le temps de prendre une douche et de dormir 15 minutes, qu’il me propose de passer la journée « chez son oncle, dans un endroit (…) à Tigre, où on va (…) avec le bateau ». Voilà comment j’ai compris les choses quand il a déclaré la phrase-clé qui expliquait certainement l’ensemble du programme de la journée ! Mes neurones pas très bien connectés, nous sommes partis récupérer l’oncle et son chien, un bidon d’essence, des victuailles, et avons pris la Ruta 9 en direction du Nord. Mes compagnons de la journée ne m’ont pas tout dit… Certes mon espagnol est loin d’être top, mais j’ai bien compris que la description du lieu était restée light. Ça me va, la surprise n’en sera que plus grande !

Une fois arrivés à Tigre et garés devant un immense hangar contenant 800 bateaux rangés comme des livres dans une bibliothèque, voilà que l’oncle réclame le sien ! En effet, Miguel est bien en possession d’un mignon petit bateau à moteur. Quelques paquets de gâteaux et chaussures se battent en duel dans la trappe. Miguel pousse le tout, remplit le réservoir d’essence et invite l’équipe à grimper à bord, le chien y compris. Le trajet est paisible, sur une eau calme et marron. On m’explique que nous naviguons sur le Delta du Paraná, l’un des plus grands au monde avec ses 25 km2 d’eau. Je vois défiler des dizaines de petites passerelles qui s’avancent sur la rivière, en guise d’allées devant chaque maison privée. Et puis, 40 minutes plus tard, le tout dernier embarcadère nous est destiné. Vraiment ??? C’était donc ça la maison de l’oncle ! Un cabanon au bord du Rio Paraná, avec une cuisine ouverte qui nous accueille le barbec’ grand ouvert. Transats dépliés, hamacs étirés, ça sent la journée revigorante ! En effet, j’étais aux anges 🙂

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« Tigre ». On s’attend à une ville féroce, chaude, agressive peut-être. On n’y est pas du tout ! C’est une ville sur l’eau, au sens littéral du terme. Les rues sont des rivières, les bus des bateaux-mouches, et toutes les maisons sont montées sur pilotis. La tranquillité a envahi les lieux. La sérénité règne. Les gens y viennent pour se dorer la couenne au soleil, écouter le son du silence et respirer l’air frais. On pourrait penser que ce havre de paix est réservé aux plus aisés… et bien non. Tigre est une ville à part entière avec son centre-ville où le casino trône au bord de l’eau, son école, son église, sa zone industrielle, ses quartiers riches et ses bidonvilles. La ville a pris place sur un terrain brut en installant le panel complet de la société humaine.

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Mon premier de l’an 2018 était ensoleillé, serein et heureux. Le meilleur moyen pour bien démarrer l’année !? Au départ, l’Argentine n’était pas dans mes plans (ce qui suppose que toute la suite ne le sera pas non plus). Mais dans ces conditions, je veux bien que le destin décide un peu de mon chemin.

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